Messe de la Résurrection Chers frères et soeurs, Deux images résument la scène de la Résurrection : Une grande pierre et un tombeau vide. Deux images qui, en soi, n’ont rien à voir l’une avec l’autre, mais qui, dans le contexte de la Résurrection, se trouvent intimement liées, si bien que passer par l’une (la grande pierre qu’il faut enlever) constitue la condition pour arriver à la seconde (la Résurrection). C’est d’ailleurs le grand souci des femmes qui, au petit matin, se rendent au tombeau : « Qui va nous rouler la pierre ?» Surprise, la pierre est roulée, elles entrent, et le tombeau est vide... C’est là que tout bascule. - Elles pensaient l’avenir bouché, et elles se voient invitées à l’espérance. Enlever la pierre et entrer dans le tombeau vide. Sans ces deux pas, il n’est pas possible de passer à la nouvelle vie. Enlever la pierre, c'est-à-dire vaincre les obstacles, donc les pierres qui nous empêchent de participer à la vie du Ressuscité. Les pierres de l’égoïsme, de la haine, de l’individualisme, les mille facettes de péché qui nous envahissent et qui entravent notre chemin à la suite du Christ. Enlever les pierres (déblayer le chemin) et entrer dans le tombeau vide (faire une démarche de foi). C’est après avoir fait ces deux pas qu’on peut vivre la joie et la gloire de la Résurrection, et entendre les anges dire aux femmes: « Pourquoi cherchez-vous le vivant parmi les morts ? Il n’est pas là, il est ressuscité comme il l’avait dit ». C’est cela le message de Pâque : « Voici que je fais toutes choses nouvelles ». Pâque nous fait passer résolument à une vie nouvelle, elle nous fait sortir de nos doutes, de nos ténèbres, du tombeau vide justement ; elle nous assure que notre rédemption est faite et que notre propre Résurrection est déjà commencée. C’est cela le motif de notre joie. Notre vie est désormais marquée par le Salut. Mais c’est une vie justement... Une aventure avec des avancées et des reculs, avec des moments de joies et des moments de doute, une aventure dans un long chemin qui va de commencement en commencement jusqu’au moment où nous pourrons dire : « Tout est accompli ». Chers frères et soeurs, bonne route de résurrection, bonne marche. Et si, à certains moments de cette aventure nous sentons nos forces céder, regardons en avant : Il est là, le Ressuscité, au bout de la route. Il nous attend et nous confie : « Pourquoi avez-vous peur hommes de peu de foi, ayez confiance, j’ai tué la mort et vaincu le monde ». + Maroun Lahham |